Anténor Firmin, issu d'une humble famille du Cap-Haïtien, est né le 18 octobre 1850. Il fit ses études secondaires au Lycée de sa ville natale et continua à travailler pendant plus de deux ans, sous la direction de l'un de ses professeurs, jules Neff, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure de Paris. Toute la vie d'Anténor Firmin est ainsi marquée par son amour du travail intellectuel.
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Il préfère s'exiler à Paris. Il y est bientôt admis comme membre de la Société d'Anthropologie. Des théories, qu'il entend exposer sur les races humaines, le choquent profondément. Il les réfute dans un volume de plus de 650 pages : "De l'égalité des races humaines" (1885).
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Source : Pradel Pompilus -Manuel Illustré d'histoire de la Littérature haïtienne - Editions H. Deschamps (1961)
Extrait (introduction et clonclusion) de la préface de Jean Métellus pour une ré-édition du chef d'oeuvre de Joseph Anténor Firmin (Harmattan - Paris 2004)
Deux noms, deux oeuvres pour évoquer le cadre dans lequel s'inscrit cette modeste préface au maître-livre « De l’égalité des races humaines » qui nous préoccupe aujourd'hui : d'une part Anténor Firmin, d'autre part Arthur de Gobineau, en prenant le contre-pied de la chronologie puisque Joseph Arthur comte de Gobineau, naît en 1816 à Ville d'Avray et meurt à Turin en 1882 alors que Joseph Anténor Firmin (notons la similitude de prénom) naît en Haïti, au Cap le 18 octobre 1850 et y meurt en 1911.
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Mais il était nécessaire de montrer l'atmosphère dans laquelle Firmin évolue en France au moment où il décide de répondre à Gobineau et ses émules qui se sont indûment emparés du parrainage d'un des hommes les plus prestigieux de France, le fondateur de l'anthropologie, Paul Broca. Firmin vit toutes ces polémiques et il doit s'en imprégner pour faire bonne figure. Il y réussit car son livre "De l'Egalité" est édité par le libraire du Conseil d'Etat. Il faudrait que d'autres Haïtiens essaient par les temps qui courent de se hausser à un pareil niveau. La tâche est rude et après les catastrophes successives qui durent depuis maintenant d'un demi-siècle dans le pays, il faut sûrement réfléchir avant de se lancer dans une opération de la même envergure que celle de Joseph Anténor Firmin à qui malheureusement ses concitoyens n'ont pas suffisamment marqué leur reconnaissance.
Oui, Firmin, à la fin du 19° siècle, en France, affronte de grands orages intellectuels, des bourrasques mêmes et sait tenir debout pour dire sa fierté d'être nègre.
On n'insistera pas assez sur le fait que Firmin affronte avec "De l'Egalité" les savants du monde entier, les Etats-Unis en raison de leur composition multiraciale possèdent une école florissante de ségrégationnistes scientifiques. Car le fond du problème consiste à dire aux Noirs "Les hommes ne sont pas égaux, les races ne sont pas égales. Le Nègre, par exemple, est fait pour servir aux grandes choses voulues et conçues par le blanc."(35)
Et Firmin a dit non, au nom des fils de Toussaint Louverture, au nom de tous les négrophiles comme on disait alors, c'est pourquoi Firmin mérite de figurer non seulement parmi la panoplie des grands Haïtiens, non seulement parmi les grands nègres du monde, mais parmi les premiers représentants de l'universalisme.
(1) Pradel Pompilus. Manuel illustré d'histoire de la littérature haïtienne. Port-au-Prince. Editions H.Deschamps. 1961. p. 189.
(35) Renan cité par A. Firmin. in op. cit. (3) p. 293.
Jean Métellus - L'introduction et la conclusion de la préface.
Source : Le blog de Jean Métellus
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Liens
- L'oeuvre d'Anténor Firmin dans la boutique de la littérature haïtienne.
- Les intellectuels haïtiens
- Les autres étoiles haïtiennes en provenance du Cap Haïtien : Bruny Surin, Philomé Obin.

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